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Refonte de site web : les étapes et le budget

Les sept étapes d'une refonte de site qui ne fait pas perdre son référencement, ce qu'elle coûte, et les erreurs qui transforment une refonte en recul.

12 min de lecture

Votre site a quelques années, il ne vous ressemble plus, il ne ramène personne, ou il devient pénible à modifier. Vous avez décidé de le refaire. C'est une bonne décision, à une condition : ne pas perdre en route ce que l'ancien site avait acquis.

Parce qu'une refonte n'est pas une création. On ne part pas d'une page blanche : on part d'un site que Google connaît, avec des adresses indexées, parfois des liens qui pointent vers lui, et des visiteurs qui ont leurs habitudes. Bien menée, une refonte fait progresser tout ça. Mal menée, elle peut faire disparaître en une semaine ce qui a mis des années à se construire.

Voici les étapes dans l'ordre, ce que chacune coûte, et les erreurs qui transforment une refonte en recul.

Refaire, ou seulement réparer ?

Avant de parler de méthode, une question honnête : avez-vous vraiment besoin d'une refonte complète ?

Tout ne justifie pas de repartir de zéro. Si votre site est trouvé, que sa base technique est saine et que le problème se limite à une page d'accueil datée ou à une prestation absente, une intervention ciblée suffit. Elle coûte moins cher et ne fait courir aucun risque à votre référencement.

La refonte complète s'impose dans trois situations :

  • La structure est le problème. Le site tient en quelques pages qui ne visent aucune recherche précise. Changer l'habillage donnera un site plus joli qui produira exactement les mêmes résultats — c'est-à-dire aucun.
  • La technique est obsolète. Un thème abandonné, une version de WordPress qu'on n'ose plus mettre à jour, un constructeur dont vous ne pouvez rien exporter. Chaque modification prend plus de temps qu'elle ne devrait, et l'addition finit par dépasser celle d'un site neuf.
  • Votre activité a changé. Nouvelles prestations, nouvelle clientèle, nouveau positionnement. Le site décrit une entreprise qui n'existe plus.

Si vous ne vous reconnaissez dans aucune des trois, commencez par une retouche. Si vous vous reconnaissez dans plusieurs, lisez la suite.

Étape 1 : faire l'inventaire de l'existant

C'est l'étape que presque tout le monde saute, et celle qui décide de tout le reste.

Avant de dessiner quoi que ce soit, il faut savoir ce que l'ancien site vous rapporte. Ouvrez la Search Console et exportez deux listes : les pages qui reçoivent des impressions, et les requêtes sur lesquelles vous apparaissez. Si vous n'avez jamais installé la Search Console, faites-le maintenant — même quelques semaines de données valent mieux que rien.

Listez ensuite toutes les adresses de votre site actuel, y compris celles que vous aviez oubliées : anciennes actualités, pages de promotion, versions en langue étrangère. Chacune est une adresse que Google connaît, et chacune devra avoir un destin décidé à l'avance.

Cet inventaire répond à une question simple : qu'est-ce qu'on ne doit surtout pas casser ? Une page qui apparaît régulièrement dans les résultats, même mal placée, est un acquis. On la conserve, on l'améliore, mais on ne la supprime pas sur un coup de tête parce qu'elle ne rentre plus dans la nouvelle maquette.

Étape 2 : fixer ce que le nouveau site doit faire

« Un site plus moderne » n'est pas un objectif. C'est un moyen, et il ne dit rien de ce qu'on doit mesurer dans six mois.

Un objectif utile ressemble plutôt à ceci : être trouvé sur « menuisier » suivi du nom de votre ville, recevoir des demandes de devis plutôt que des appels pour des renseignements, permettre à vos clients de prendre rendez-vous sans téléphoner. Chacun de ces objectifs conduit à des choix différents. Il faut les écrire avant de commencer, sinon les décisions de design se prennent au goût, et le goût ne ramène pas de clients.

Étape 3 : construire la nouvelle arborescence

C'est là que se joue le référencement de la version suivante.

Le principe est celui que j'explique dans pourquoi un site n'apparaît pas sur Google : une page par sujet sur lequel vous voulez être trouvé. Si vous proposez trois prestations, ce sont trois pages. Si vous intervenez dans une commune précise qui justifie un contenu propre, c'est une page de plus.

Vous partez de l'inventaire de l'étape 1 et vous répartissez chaque ancienne adresse dans trois catégories :

  • Conservée : même sujet, même adresse si possible.
  • Fusionnée : le sujet est repris dans une nouvelle page, plus complète.
  • Supprimée : le contenu n'a plus de raison d'exister. Même dans ce cas, l'adresse doit pointer quelque part.

Étape 4 : réécrire les contenus

Reprendre les anciens textes tels quels dans une nouvelle maquette est la façon la plus sûre d'obtenir les anciens résultats.

Une refonte est le bon moment pour réécrire, page par page, en partant de ce que cherche votre client plutôt que de ce que vous avez envie de dire. Les pages qui fonctionnaient déjà se retravaillent avec prudence : on garde le sujet et les termes qui les faisaient apparaître, on complète, on clarifie. Les autres se réécrivent entièrement.

C'est aussi le poste qui retarde le plus les projets. Si les textes reposent sur vous, prévoyez le temps de les écrire, ou prévoyez un accompagnement : un site terminé qui attend ses contenus depuis trois mois, c'est une situation que tous les développeurs connaissent.

Étape 5 : maquettes, puis développement

On valide le design sur maquette avant d'écrire une ligne de code. Corriger une maquette prend quelques minutes ; corriger un site développé prend des jours.

Le choix de l'outil se pose à nouveau à ce moment-là, et il n'est pas obligatoire de rester sur celui de l'ancien site. J'ai détaillé les options dans WordPress, Wix ou site sur-mesure. Un seul critère ne se négocie pas : que le nouveau site vous appartienne, nom de domaine compris.

Étape 6 : le plan de redirections

C'est le point technique le plus important de toute la refonte, bien plus que le design.

Une redirection indique à Google, et aux visiteurs qui arrivent par un ancien lien, qu'une page a déménagé et où la trouver. Sans elle, l'ancienne adresse renvoie une erreur, Google finit par l'oublier, et tout ce qu'elle avait acquis disparaît avec elle.

Chaque ancienne adresse doit rediriger vers sa nouvelle destination la plus proche, une par une. Pas tout vers la page d'accueil : Google traite ce raccourci comme une page supprimée. Le travail consiste à reprendre l'inventaire de l'étape 1 et à attribuer à chaque ligne sa nouvelle adresse.

C'est exactement ce que j'ai fait sur le site que vous lisez. L'ancienne version vivait sous des adresses préfixées par /fr et /en depuis dix-huit mois ; la nouvelle sert tout à la racine. Chaque ancienne adresse redirige vers son équivalent, parce que ces redirections sont le seul lien entre l'historique accumulé et la nouvelle arborescence.

Étape 7 : mise en ligne et suivi

Le jour de la bascule, quelques vérifications ne se négocient pas :

  1. Le site est indexable. Les sites en construction sont souvent protégés par une balise noindex ou un robots.txt bloquant. Les oublier après la mise en ligne est l'erreur la plus fréquente, et elle rend le site invisible.
  2. Les redirections fonctionnent. On teste un échantillon d'anciennes adresses, en particulier celles qui recevaient des impressions.
  3. Le sitemap est à jour et soumis dans la Search Console.
  4. Les formulaires envoient bien leurs messages. Un formulaire de devis cassé ne se remarque pas, il se contente de ne plus rien vous apporter.

Ensuite, surveillez la Search Console pendant plusieurs semaines. Une légère fluctuation des impressions juste après la mise en ligne est normale, le temps que Google relise le site. Une chute nette et durable signale presque toujours des redirections manquantes, et se corrige d'autant plus facilement qu'on la repère tôt.

Le budget d'une refonte

Chez moi, une refonte se chiffre comme une création : les mêmes prix de départ, TTC, que ceux que je détaille dans l'article sur le coût d'un site internet.

S'y ajoute ce qui est propre à une refonte : l'inventaire de l'existant, la reprise des contenus qui méritent de l'être, et le plan de redirections. Leur poids dépend surtout de la taille de l'ancien site. Une vitrine de six pages se traite rapidement ; un site qui a accumulé dix ans d'actualités demande nettement plus de travail, parce que chaque adresse doit trouver sa destination.

Deux postes font varier la facture plus que les autres. Le premier, comme pour une création, c'est la rédaction : l'écart entre des textes fournis et des textes à écrire reste le plus gros poste variable. Le second, c'est l'état de l'existant. Récupérer des contenus sur un vieux WordPress est simple ; les extraire d'un constructeur qui n'exporte rien peut revenir à tout ressaisir à la main.

Et n'oubliez pas les coûts récurrents, qui ne changent pas avec la refonte : nom de domaine, hébergement, éventuelles licences et maintenance.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

Changer de nom de domaine sans raison. C'est la refonte la plus risquée qui soit : toute l'ancienne adresse doit être redirigée vers une nouvelle, et même bien faite, l'opération demande à Google plusieurs semaines de réajustement. Si vous tenez à changer, faites-le pour une vraie raison, et jamais en même temps qu'une refonte complète si vous pouvez l'éviter.

Supprimer les pages qui marchaient parce qu'elles ne plaisaient plus. Une page moche qui apparaît dans les résultats vaut plus qu'une belle page que personne ne voit. On la refait, on ne la jette pas.

Laisser le prestataire garder les clés. À la fin de la refonte, vous devez détenir le nom de domaine, les accès à l'hébergement et au site, et une sauvegarde complète. Si l'ancien prestataire les détient encore, récupérez-les avant de lancer le projet, pas le jour de la bascule.

Juger la refonte au bout de quinze jours. Les effets d'une meilleure architecture se mesurent sur plusieurs mois. Le seul signal à surveiller dans les premières semaines, c'est une chute brutale — et elle a presque toujours une cause technique qu'on sait identifier.

En résumé

Une refonte réussie tient en trois idées : savoir ce que l'ancien site rapporte avant de le démonter, construire une page par sujet sur lequel vous voulez être trouvé, et rediriger chaque ancienne adresse vers sa nouvelle destination.

Le reste — le design, l'outil, les couleurs — compte, mais ce n'est pas ce qui décide si votre refonte vous fait gagner ou perdre des clients. Si vous voulez un avis sur votre site actuel avant de trancher entre retouche et refonte complète, c'est précisément ce que je regarde au premier échange.

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